mani•feste•0

Un art fragile, libre, intransigeant. Pour faire face à l’effondrement avec la force du sensible.

mani•feste•0 est un mouvement artistique radical et transdisciplinaire né de l’urgence contemporaine : crise du capitalisme, effondrement culturel, montée des extrêmes, menace de l’uniformisation par l’intelligence artificielle.

Nous affirmons un art libre, non marchand, résistant aux formes de domination technique et politique. Nous rassemblons artistes visuels, cinéastes, poètes, musicien·nes, performeur·euses, créateur·rices numériques et anonymes du monde entier.

Notre manifeste est une invitation à créer autrement, dans la dissonance volontaire, dans l’expérimentation, dans la fuite hors des récits dominants. Pas de marque. Pas de marché. Pas de compromis.

Lire le manifeste complet

1. L'urgence

Texte à compléter sur le constat actuel, ses causes et ses effets sur l’art et la société.

2. La rupture

Texte à compléter sur les choix radicaux : refus de l’IA, du marché, des institutions compromises.

3. La résistance

Texte à compléter sur les formes de résistance artistique : création collective, piratage, formes libres, expérimentales.

4. Langues et traductions

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5. Version PDF

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1. Nous ne sommes ni neutres ni décoratifs.

L’art est un langage de rupture. Il n’est pas une pause, un loisir, un embellissement. Il est ce qui dérange les habitudes, ce qui nomme l’indicible.
Dans un monde où les récits dominants normalisent l’injustice, l’art a le devoir de créer du désordre. Il n’a pas à être éducatif, moral, encore moins rentable. Il est présence politique par essence : il montre, expose, invente ce qui n’avait pas droit d’exister.

2. Nous créons avec peu, pour dire beaucoup.

Le monde est en crise, et notre art aussi. L’abondance est un mensonge ; le gaspillage, un poison.
Nous refusons les budgets délirants, les moyens industriels, la dépendance technologique.
Nous travaillons avec des téléphones cassés, des voix fatiguées, des corps dans le froid.
L’économie de moyens est une force. Le dénuement rend l’expression plus aiguë, plus tranchante.
Comme les peintres des cavernes, comme les punks, comme les poètes dans les camps : nous faisons avec rien, et cela suffit.

3. Nous refusons la logique du marché.

Le capitalisme a contaminé jusqu’aux gestes les plus intimes. Les plateformes filtrent nos visages, les aides publiques exigent des indicateurs de performance, les festivals deviennent des salons de l’auto.
Nous n’optimiserons pas nos œuvres.
Nous ne ferons pas de "contenu", pas de marketing de soi, pas d’identité de marque.
Nous savons que créer dans ce monde, c’est déjà lutter.
Et nous savons que la valeur d’une œuvre ne se mesure ni à sa visibilité, ni à son prix, ni à son taux d’engagement.

4. Nous parlons toutes les langues.

Nous refusons la domination de la langue unique, qu’elle soit nationale ou algorithmique.
Nous écrivons en langues vivantes, mortes, inventées, mélangées.
Nous traduisons mal. Nous lisons à voix haute. Nous faisons entendre les accents, les silences, les bégaiements.
Nos œuvres sont polyglottes, polyphoniques, diffractées. Elles ne s’adressent pas à une cible, mais à des corps vivants, situés, fragiles.

5. Nous revendiquons le fragment, la faille, le brouillon.

Contre la dictature du "pro", de la finition, du montage léché : nous assumons l’ébauche, l’accident, le tremblement.
Nous exposons les coutures, les ratures, les hésitations.
L’art ne doit pas cacher l’effort ; il doit montrer l’humain.
Dans un monde où tout est lisse, clean, vendu, nous voulons des œuvres rugueuses, brutes, récalcitrantes.

6. Nous sommes collectifs.

L’auteur-roi est mort.
Nous travaillons à plusieurs, en réseau, en partage.
Nous signons ensemble, nous écrivons à plusieurs mains.
Les idées ne sont pas des propriétés. Elles circulent, se transforment, se contaminent.
L’art est un bien commun, pas une compétition. Le succès d’un·e seul·e est une impasse. La force est dans le lien.

7. Nous œuvrons dans la marge, le hors-champ, l’interstice.

Nous n’attendons pas d’être programmés.
Nous créons dans les ruines, les bois, les parkings, les squats, les archives abandonnées.
Nous investissons les réseaux libres, les radios pirates, les scènes non officielles.
Le cœur de l’art n’est plus dans les centres. Il palpite ailleurs, là où l’on écoute encore, là où rien n’est prévu.

8. Nous désapprenons.

Nous refusons la verticalité des savoirs.
L’école de l’art ne se trouve ni dans les conservatoires, ni dans les galeries, ni dans les comités.
Elle est dans l’expérience, le vécu, la désobéissance, la rage, la douceur.
Nous apprenons par l’erreur, par la copie, par le vol, par la dérive.
Nous ne cherchons pas à maîtriser, mais à sentir, à transmettre, à chercher encore.

9. Nous n’avons pas de centre.

Nous ne voulons pas de leader, de figure tutélaire, de représentant.
Le mouvement est vivant, mouvant. Il n’a ni quartier général, ni calendrier fixe.
Il pousse là où on le sème. Il se répand sans autorisation.
Il vit dans l’anonymat, dans le bouche-à-oreille, dans les rencontres.

10. Nous n’avons pas peur d’échouer.

Nous créons dans l’instabilité. Nos œuvres peuvent s’effondrer, disparaître, être interrompues.
Nous ne voulons pas durer. Nous ne cherchons pas l’archive, le patrimoine, la pérennité.
Chaque tentative est un cri, un geste, un feu de paille peut-être — mais réel.
Nous ne fuyons pas l’échec. Nous le cultivons comme terrain d’exploration.

11. Nous ne cherchons pas à plaire.

L’art n’a pas à caresser. Il a à heurter, à interroger, à déplacer.
Nous ne voulons pas être aimés, mais écoutés.
Nos œuvres ne sont pas des produits. Elles ne cherchent pas l’unanimité.
Elles sont vivantes, donc controversées, parfois pénibles, parfois joyeuses, toujours sincères.

12. Nous croyons que l’art peut sauver ce qui vacille.

Nous ne croyons plus aux lendemains radieux.
Mais nous croyons à la lumière fragile d’un poème.
À la puissance d’un chant dans la nuit.
À la joie d’un film tourné sans autorisation.
À la résistance d’un geste gratuit dans un monde marchand.
Nous croyons que l’art peut réparer sans posséder, relier sans dominer, brûler sans détruire.